Plainte classée sans suite : pourquoi, et que peut-on faire ensuite ?
En 2025, 44,1 % des personnes mises en cause orientées par les parquets ont vu leur affaire classée sans suite. Mais dans la grande majorité des cas, les poursuites étaient impossibles : seules 7,4 % des personnes orientées ont fait l'objet d'un classement en opportunité, c'est-à-dire alors qu'elles auraient pu être poursuivies.
Données 2025 (édition du 23/07/2026), 17 familles d'infractions. Chiffres recalculés à chaque mise à jour des sources. Quelques effectifs inférieurs à 5 sont masqués par le secret statistique : les valeurs concernées sont des approximations.
Combien d'affaires sont classées sans suite ?
Sur les 17 familles d'infractions suivies par le site, 44,1 % des personnes orientées en 2025 ont vu leur affaire classée sans suite, contre 34,0 % en 2012, soit 10,1 points de plus. Le détail par infraction et par année figure dans l'analyse consacrée au taux de classement sans suite.
Trois motifs de classement très différents
Un classement sans suite est la décision du procureur de la République de ne pas engager de poursuites. Les statistiques distinguent trois motifs, qui n'ont pas du tout le même sens :
- Auteur non identifié (4,9 % des personnes orientées) : l'enquête n'a pas permis de savoir qui a commis les faits.
- Infraction non poursuivable (31,8 %) : les poursuites sont juridiquement impossibles, faute d'infraction constituée, de charges suffisantes, ou parce que les faits sont prescrits, que l'auteur est irresponsable ou que la plainte a été retirée lorsque ce retrait éteint l'action.
- Poursuites inopportunes (7,4 %) : les poursuites étaient possibles, mais le procureur a estimé qu'elles n'étaient pas justifiées, par exemple pour un préjudice faible, une régularisation ou un désistement de la victime.
Seul ce dernier motif relève d'un choix du parquet. Les deux premiers concernent des affaires dites non poursuivables, sur lesquelles le procureur n'a pas de marge de décision.
Quelles affaires sont le plus souvent classées ?
Le taux de classement dépend beaucoup du type d'infraction. En 2025, il est le plus élevé pour les affaires d'escroqueries et détournements (72,3 %, dont 20,6 % faute d'auteur identifié), les affaires d'atteintes à la vie privée et à la dignité (69,1 %) et les affaires d'infractions informatiques (67,7 %). Il est le plus bas pour les affaires de sécurité routière (20,4 %) et les affaires de stupéfiants (21,0 %), deux contentieux où l'auteur est presque toujours identifié.
Un classement sans suite est-il définitif ?
Non. Le classement met fin à la procédure en l'état, mais il n'a pas l'autorité d'un jugement : tant que l'infraction n'est pas prescrite, le procureur peut revenir sur sa décision, par exemple si l'auteur est identifié plus tard ou si des éléments nouveaux apparaissent.
Quels recours pour le plaignant ?
Le procureur doit informer le plaignant et les victimes identifiées de sa décision de classement, en indiquant les raisons juridiques ou d'opportunité qui la justifient (article 40-2 du code de procédure pénale). Plusieurs voies restent ensuite ouvertes :
- Le recours auprès du procureur général, qui peut demander au procureur de la République d'engager des poursuites (article 40-3 du code de procédure pénale).
- La plainte avec constitution de partie civile, adressée au doyen des juges d'instruction, qui conduit à l'ouverture d'une information judiciaire (article 85 du même code).
- La citation directe de l'auteur devant le tribunal correctionnel ou le tribunal de police, lorsqu'il est identifié et que les faits constituent un délit ou une contravention.
Ces voies obéissent à des conditions de délai, de recevabilité et parfois de consignation d'une somme d'argent. Le Fil Pénal est un site de statistiques et ne donne pas de conseil juridique : pour une situation personnelle, un avocat ou un point-justice, gratuit, peut vous orienter.
Sources
- Ministère de la Justice, SG/SSER : orientations des affaires par les parquets (C-CUBE)
- Justice.fr : le procureur et les suites données à une plainte
- Justice.fr : la plainte avec constitution de partie civile
- Justice.fr : les points-justice, information juridique gratuite
- Méthodologie du Fil Pénal : unités de compte et limites
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